FALC : derrière ce mystérieux acronyme se cache un ensemble de bonnes pratiques pour simplifier la vie de nombreuses personnes. FALC signifie Facile A Lire et à Comprendre. Il s’agit d’un ensemble de règles d’écriture à adopter pour qu’un texte devienne accessible au plus grand nombre. Par exemple, les personnes en situation de handicap mental, les personnes résidant en France qui maîtrisent mal la langue, les dyslexiques ou les personnes âgées.

Une initiative pour faciliter l’accès à l’information aux personnes handicapées

Le concept n’est pas nouveau. A l’origine, il est apparu dans les années 70 à l’initiative d’une association américaine de personnes handicapées. Il a ensuite pris son temps pour traverser l’Atlantique : il faudra attendre la loi du 11 février 2005 sur « L’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » pour que les premières initiatives voient le jour… et encore une dizaine d’année pour voir les effets concrets d’une politique en faveur du FALC.

Ainsi, Pôle Emploi publie depuis 2015 certains documents en FALC, Santé Publique France propose des fiches d’information sur la pandémie de Covid-19 en langue simplifiée et le site de la Ville d’Annecy publie plusieurs pages d’information en FALC. Ces quelques exemples, parmi de nombreux autres, entrent dans le cadre d’un large programme de simplification et d’amélioration des relations avec l’ensemble des administrés, initié par le gouvernement.

Sans ce dispositif, les formalités du quotidien peuvent devenir un enfer si on ne maîtrise pas bien le français ou si on a des difficultés de lecture. Déjà que c’est pas évident de base… 🤯

Les principes de l’écriture Facile A Lire et à Comprendre

facile a lire et a comprendre

La première chose est de se mettre à la place d’un lecteur qui ne connaît rien du sujet : il faut donc tout expliquer. Ensuite, il faut imaginer le plus petit dénominateur commun entre une personne déficiente mentale ou une personne qui ne parle pas bien le français : un vocabulaire simple. Enfin, comme le veut l’adage, une image vaut 1000 mots, donc on privilégiera les exemples concrets, les images, les flèches pour indiquer une progression logique, ou encore les pictogrammes, mais on s’éloigne légèrement du domaine de la rédaction. Quoique : les émojis font partie du quotidien du rédacteur désormais ! 😊

✅ Ce qui est recommandé 

  • Choisir un mot très courant pour une chose précise et employer toujours le même mot dans l’ensemble du document pour la désigner. Exemple : si on parle d’un bateau, on garde le mot bateau dans tout le texte. On ne parle pas du navire ou de l’embarcation.
  • Utiliser une ponctuation simple.
  • Privilégier les listes à puces pour les énumérations.
  • Placer les informations dans un ordre facile à comprendre et insérer une seule idée par phrase.
  • Faire des phrases courtes (sujet + verbe + complément dans l’idéal), une phrase par ligne. Faire une nouvelle phrase plutôt que d’enchaîner deux phrases avec un « et ».
  • Répéter plusieurs fois les informations importantes.
  • Placer de manière stratégique les informations importantes : en début de document, en gras ou dans un encadré.
  • Utiliser la voie active. Exemple : le directeur vous enverra un courrier, au lieu de vous recevrez une lettre de la part du directeur.
  • Rédiger des titres clairs et explicites.

⛔️ Ce qui est à éviter ⛔️

  • Jouer avec les variations linguistiques, les métaphores et les synonymes.
  • Utiliser des mots d’une langue étrangère, sauf s’ils sont très courants (parking ou camping sont acceptés, mais pas ScrumMaster !)
  • Utiliser des abréviations ou des acronymes, sauf s’ils sont connus (comme SNCF).
  • Les pourcentages et les grands nombres difficiles à se représenter (remplacer 2 millions par beaucoup par exemple).
  • Faire des renvois à des notes de bas de page.
  • Séparer un mot sur 2 lignes avec un tiret.
  • Utiliser des négations (remplacer par exemple vous ne devez pas partir par vous devez rester).
  • Employer les chiffres romains.

FALC vs. Rédaction Web ?

Quand j’ai commencé à me renseigner sur le FALC, j’ai tout de suite vu les similitudes avec les principes de base de la rédaction web. En effet, ces deux techniques d’écriture partagent un objectif commun : rendre une information claire et accessible au plus grand nombre. Certaines règles sont identiques : 

  • Utiliser un vocabulaire accessible.
  • Eviter les phrases longues, les négations, la voie passive et les tournures difficiles
  • Rédiger des titres clairs et aérés
  • Utiliser des listes à puces

En revanche, écrire en FALC implique, à l’inverse de la rédaction web, d’éviter les variations sur les champs lexicaux, l’humour ou le second degré, les jeux de mots (et là encore, j’émets une certaine réserve pour les utiliser en rédaction web, ou alors il faut s’adresser à un public très ciblé). Cette technique ne s’improvise donc pas, elle s’improvise d’autant moins pour moi qui ai une facheuse tendance à rédiger des phrases longues comme le bras à rajouter des adverbes ou des références à la noix dès que l’occasion se présente. (Je viens d’écrire plus de 40 mots presque sans ponctuation. J’ai honte. Ne faites pas ça chez vous !)

👉 En conclusion, je dirai que me former à l’écriture FALC est une nouvelle corde que je choisis d’ajouter à mon arc : j’y vois une vraie complémentarité avec la technique de la rédaction web ainsi qu’une compétence à développer, en accord avec mes valeurs ! 👈