Y a-t-il des freelances en train de lire ceci ? Sûrement.

Y-a-t-il des freelances parfaitement à l’aise avec leur communication orale, parfaitement alignés avec leur capacité à vendre des frigos à des Inuits et parfaitement amoureux de ce petit objet qu’on a désormais H24 dans la poche, j’ai nommé le téléphone ? Peut-être. Si c’est le cas, fermez cette page tout de suite avant que je m’énerve, parce que sachez que je vous déteste !

Aujourd’hui j’ai envie de vous parler de mon rapport à la prospection, rapport qui s’avère compliqué, comme pour 95 % des entrepreneurs que je connais. Loin de moi l’idée de donner des leçons, j’ai juste envie de raconter ma vie.

Comment appliquer des conseils quand on est une tête de cochon ?

« Pour prospecter il faut cibler. Pour prospecter il faut écouter son interlocuteur. Pour prospecter il faut quitter sa tête, qui vous pollue avec plein de croyances » (Nicolas Brichet, préparateur mental, coach pour entrepreneurs et extirpeur notoire de zone de confort)

J’avais déjà eu droit à un coup de pied aux fesses assez phénoménal pendant la journée d’équicoaching. Là, c’est le bouquet ! Cibler ? Ecouter les gens ? Vous m’avez bien regardée ? Je suis un rat de bibliothèque, il faut vous le dire en quelle langue ?!

Si je devais décrire précisément ma « cible », elle ressemblerait à cela : une personne qui me ressemble, c’est-à-dire qui aime rigoler, qui écoute France Inter en pestant que c’est qu’une bande de parisiens (mais qui les jalouse secrètement), qui n’a pas peur d’écouter du métal épique et de la variétoche pourrie dans la même journée, qui partage certaines valeurs comme l’écoute, la culture, le respect de l’environnement, le refus de toute forme de domination (coucou le salariat), l’indépendance, l’entraide et j’en passe, et qui n’est pas sans apprécier l’ironie, voire une petite pointe de cynisme de temps en temps et qui a une grosse GROSSE tendance à surjouer… (mais parce que c’est marrant) et à écouter les conseils quand ça l’arrange (parce que c’est marrant aussi) (des fois).

Je n’ai pas la prétention de dire que je suis un modèle unique, mais j’ai renoncé à chercher précisément ma cible (qui est quand même un peu spécifique sur les bords. C’est limite une micro-niche). Par contre, je m’arrange, certainement inconsciemment, pour qu’elle me trouve. Mais nous reviendrons plus tard sur ce point.

Je mise à fond sur la relation humaine dans mes contacts pros : si ça matche, alors on pourra travailler ensemble, et même qu’on fera des étincelles. Même si vous vendez des chasses d’eau. Passion WC, qui sait, on peut développer un concept. Par contre, si ça ne passe pas, on ne pourra pas bien travailler ensemble. Même si vous vendez des caramels au beurre salé. (oui je sais, ça fait chier, j’adore les caramels, mais on ne s’entend pas, que voulez-vous) (non n’insistez pas je n’écrirai rien pour vous) (allez ça suffit maintenant, au revoir. AU REVOIR j’ai dit !).

Je veux bien sincèrement essayer de quitter ma tête qui me donne plein de croyances, mais… je ne vois pas comment !

Un exemple ? Cet été, j’ai contacté une architecte exerçant à Rennes. Sur le papier ça collait à ce que je recherche en termes de secteur d’activité et de zone géographique. Eh bien dès le premier RV téléphonique j’ai raconté n’importe quoi, je me suis complètement plantée dans le déroulé de mon pitch, ça a été lamentable. Subitement je ne VOULAIS PAS travailler avec cette personne. Je suis allée jusqu’à la production d’un article d’essai, qui l’a moyennement convaincue évidemment, vu que j’avais bien saboté le terrain dès le départ… et on en est restées là. Le fail. Et je n’ai pas d’explication !

 Trouver des clients en misant sur ses points forts, la solution des feignasses ?

« Le temps. La régularité. La persévérance sont les clés » (Maître Yoda, probablement) (ou alors c’était autre chose avec « la peur, l’agression, le côté obscur ?) (bref.)

Je suis 100 % d’accord avec ça. D’autant que ce sont également les clés d’une bonne stratégie de référencement naturel. Mais on n’est pas là pour parler boulot 🙂

Donc, pour ma prospection, voici concrètement ce qui marche jusqu’à présent pour moi : 

  • Mes premiers clients sont arrivés sur recommandation de la coach qui m’a aidée à lancer Pluminkaa. Une personne avec qui je partage beaucoup de valeurs, tout comme sa clientèle à elle (même si on a beaucoup de différences, elle c’est une personne avec un vrai bon fond, elle ne bitche pas gratuitement sur les parisiens). Résultat ? Une cliente régulière ultra satisfaite qui m’a envoyé une autre personne de son réseau. Bim, 2 contrats longue durée.
  • Mes publications régulières sur Linkedin et ma campagne de mise en relation depuis 6 mois commencent à porter leurs fruits : 1 contrat longue durée de plus.
  • Ce que je raconte sur mon site web et mon blog m’ont valu une reprise de contact au bout d’un an (!) avec une personne initialement intéressée par mes services : 1 mission one shot réussie et peut-être d’autres textes à venir.
  • L’humain, toujours l’humain… mes anciens collègues de Lyon, avec qui j’ai partagé bien plus que des valeurs (oui il y avait pas mal de bières et de planches de rosette) : des piges occasionnelles pour leur magazine. Et ça me va bien.

Voilà les enfants, ça s’appelle le charisme.

Ça s’appelle peut-être plus sérieusement ne rien faire pour éviter de se planter. Peut-être que ça ne marchera pas éternellement. Admettons.

Voici en revanche ce qui ne fonctionne VRAIMENT PAS pour moi : décrocher mon téléphone et appeler pour écouter les gens parler. Parce que je ne fais même pas ça naturellement avec mes proches ! Sauf quand ils sont à moitié morts. Alors avec des inconnus, oubliez.

J’ai la chance de pouvoir convaincre directement à l’écrit, qui est mon principal atout, alors j’en profite !! Est-ce que je reste coincée dans ma zone de confort pour autant ? Je ne pense pas, parce que je me mets à utiliser davantage Skype et à prendre de l’assurance quand je rencontre les gens en vrai. Et quand dans la vie sociale au quotidien on ressemble davantage à Sheldon Cooper qu’à Chirac en campagne présidentielle, c’est pas évident.

Et là, bizarrement, je constate que ma cible me trouve. J’entends déjà les chantres de la Loi de l’Attraction me susurrer à l’oreille : « HA ! TU VOIS ! Le hasard n’existe pas, tu attires ce que tu exprimes, bla bla bla !! ». OK. Si ça vous fait plaisir. 1 point pour vous. Et pour ce qui est de rencontrer naturellement des gens un peu comme moi et de nouer des liens assez forts avec eux, je n’ai pas d’explication. Je trouve ça cool, c’est tout, et je ne cherche pas à analyser, cibler, recouper, classer, marketer ou fiches de personnaeifier.

Maintenant, si vous cherchez à me joindre par téléphone et que je ne réponds pas, inutile de vous inquiéter, c’est normal. Je suis en PLS sous mon bureau parce que je déteste cet outil. Mais je vais vous rappeler, promis.

Et sinon arrêtez d’insister pour les caramels au beurre salé !