Les concepts en “slow-” ont le vent en poupe depuis quelques temps. Et il y a de quoi. Après le slow food (délaisser les fast-food au profit d’une alimentation saine qu’on prend le temps de cuisiner), la slow cosmétique (choisir des produits de soin respectueux de l’environnement, quitte à les fabriquer soi-même), le slow marketing (arrêter de harceler les gens avec des pubs et leur transmettre de vraies infos à la place), voici le slow freelancing.

Sur le même principe consistant à privilégier la qualité à la quantité, à lutter contre le stress du mode de vie actuel et à prendre le temps de vivre tout en respectant la planète tant qu’à faire, le slow freelancing est le mode de fonctionnement que j’ai choisi pour mon activité. Voici en quoi ce mode de travail consiste et quelques pistes pour s’y mettre… en douceur, évidemment.

Qu’est-ce que le slow freelancing ?

Comment imaginez-vous les travailleurs indépendants ? Rivés 15h heures par jour derrière leur écran dans un bureau partagé au top du design ? Toujours en train de courir d’une mission à l’autre, d’un client à l’autre, au bord du burn-out ? Avec des horaires aléatoires, travaillant le dimanche et les jours fériés pour vivre ? C’est un peu caricatural, mais ça représente bien une partie des freelances, typiquement celle à laquelle je n’appartiens plus.

Etre indépendant n’est pas forcément synonymes de stress et d’horaires à rallonge. Pour faire prospérer son activité et tenir sur la durée, l’indépendant doit au contraire se ménager et éviter de se laisser submerger. C’est ça, à mon avis, la base du slow freelancing.

Savoir prendre du temps pour soi est certes l’une des bases pour tenir sur la dirée en tant que freelance. Mais je pense que, à l’instar des autres slow-concepts, la dimension environnementale a son importance : un slow freelance est donc aussi une personne pour qui le respect de la nature et la maîtrise de l’empreinte carbone sont de vrais enjeux (et pas juste des mots pour faire genre).

chemin slow

Que fait concrètement un “slow freelance” ?

☀️ Il kiffe son métier

C’est la base ! Si on n’aime pas ce qu’on a choisi de faire, c’est qu’il y a un souci dès le départ… 

Et si on n’aime pas ce qu’on fait, on aura tendance à compenser l’ennui en se payant des vacances à l’autre bout du monde pour oublier, et l’avion, c’est caca. J’extrapole un peu, certes. Mais vous voyez l’idée. Qui vient de balancer que de toute façon j’ai peur en avion et que je suis de mauvaise foi ? 

☀️ Il maintient le cap sur ses priorités

Chacun place le curseur où il veut. La productivité ? Le chiffre d’affaires ? La vie professionnelle ? La vie familiale ? Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise priorité. Il y a seulement des choix à faire et à respecter pour rester cohérent dans son cheminement de freelance. 

J’ai choisi de m’organiser en fonction des périodes où je veux passer du temps avec ma fille, qui ne vit pas sous mon toit. Ma priorité n’est donc pas la rédaction de tant d’articles chaque jour à tout prix, ni la course aux likes sur mes publications. Ma priorité, c’est ma vie personnelle. Mon activité n’est pas une fin en soi mais un moyen sympa pour avoir une vie perso épanouissante.

☀️ Il n’est pas à fond 10 heures par jour… et il l’assume !

Tout le monde n’est pas fait pour être au top de la productivité de 8h à 18h. Je crois que personne n’est fait pour ça, en réalité. Qui peut vraiment être concentré à fond sur chacune de ses tâches 10 heures par jour, même avec une bassine de café ?

Personnellement, je suis du matin. Entre 7h30 et 11h, je suis au top. Par contre, l’après-midi, je préfère effectuer des tâches qui me demandent moins de concentration. Voire faire complètement autre chose, parce que c’est important pour la créativité et l’inspiration. Et le soir, je me couche avec les poules. Après 22h, y’a plus personne. Et c’est pas grave.

☀️ Il travaille de la manière la plus écolo possible

Eviter de lancer l’imprimante à tout va, réduire la luminosité dans son espace de travail, utiliser des plantes pour dépolluer l’environnement… Ce sont les petites choses de tous les jours qui font la différence. Pas besoin d’avoir un doctorat en Ecologie pour appliquer quelques règles d’or tout à fait compatibles avec l’état d’esprit slow freelance.

Pour ma part, j’ai également choisi d’adopter quelques bonnes pratiques web écoresponsable : je fais attention au poids de mes pages web et je nettoie régulièrement mon site pour éviter de prendre trop de place dans les serveurs. 

Pause slow freelance

Comment passer en mode slow freelancing ?

Le secret du succès en mode slow freelance, c’est de réduire au maximum toutes les sources de stress tout en augmentant les sources de kif. Voici quelques pistes que j’ai appliquées et qui marchent bien pour moi :

🌿 Eliminer les newsletters inutiles

Et dieu sait qu’elles sont légion, les newsletters qui ne servent à rien. La grande majorité des newsletters ne sont que des sources de pollution, sans informations vraiment intéressantes et uniquement destinées à vous faire acheter un produit dont vous n’avez peut-être pas besoin. Le marketing bourrin tous les jours dans ma boîte mail, très peu pour moi. 

Sélectionnez les newsletters qui vous intéressent vraiment, n’en gardez que 4 ou 5, juste la crème de la crème. Vous gagnerez du temps et vous vous apercevrez vite que les autres newsletters ne vous manquent pas !

🌿 Supprimer les notifications

Le “ding” du smartphone ou le (1) qui apparaît dans votre onglet à chaque fois que Facebook a quelque chose à vous dire, c’est infernal. D’autant que Facebook a de moins en moins de choses vraiment intéressantes à notifier… vous avez remarqué ?

Comment rester concentré sur une tâche dans ces conditions ? En bloquant les notifications ou en les passant en mode silencieux pendant le temps que vous souhaitez. C’est qui le patron ?!

🌿 Contrôler la boîte mail

Une boîte mail, à l’origine, c’était comme une boîte aux lettres. Le facteur passe et on relève le courrier une fois par jour. Aujourd’hui, ce canal de communication indirect est utilisé comme une messagerie instantanée et il est implicitement exigé que chaque mail soit traité dans le quart d’heure. 

Résultat ? Des chaînes de messages qui s’amoncellent et des messages “urgents” qui tombent les uns après les autres. 

Le truc, c’est de poser les limites dès le départ avec vos interlocuteurs : annoncez par exemple que vous ne relevez votre boîte mail que de 8h à 10h et qu’ils peuvent vous contacter par téléphone seulement en cas d’urgence. Et ne laissez pas votre boîte mail ouverte toute la journée !

🌿 Dire non

En toute modestie, le jour où j’ai réussi à dire “NON” à un client vraiment horrible, à la fois irrespectueux et sans scrupules, ça a changé ma vie. Bon d’accord, ça a aussi changé celle de mon banquier, mais qui s’en fout ? 

🌿 Travailler moins mais mieux

Parce que je préfère être efficace 4 heures par jour que traîner toute la journée derrière mon écran. 

Parce que je suis inefficace pour un deuxième article directement après avoir pressé mon cibouleau pour écrire un super premier article, voilà, c’est tout, je suis pas un robot !

🌿 Avoir des side projects motivants

C’est le super bonus. Participer à des projets annexes, en lien plus ou moins étroit avec votre activité, c’est la bouffée d’air frais qui permet de faire d’autres activités sans culpabiliser, tout en ayant la conviction qu’on sert à faire avancer une cause. Dans mon cas, j’ai le bonheur de faire partir du comité de relecture du bouquin que prépare Alexis Minchella. Et j’ai d’autres projets sur le feu, stay tuned !

Voilà, j’espère que ce nouvel épisode de ma vie de freelance vous a plu. Et si c’est le cas, retrouvez d’autres conseils et aventures paplitantes dans ces articles :

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👉 L’équicoaching, c’est la vie