J’ai récemment participé à une journée d’équicoaching organisée au Domaine des Ecuyers par Nicolas Brichet, préparateur mental dans le cadre du Mastermind que j’ai décidé de suivre avec son groupe.

Et là, à la lecture de cette première phrase, je vois déjà certains visages se décomposer. C’est quoi encore ces concepts de développement personnel à la noix pour bobos en pleine crise existentielle. Mastermind. Préparateur mental. Equicoaching. Au secours.

Les plus rationnels et les plus cyniques d’entre vous poussent discrètement la souris vers le coin droit de leur écran pour quitter cette page et ne surtout pas lire un témoignage potentiellement ésotérique. Ou, pire, un article qui risque de bousculer leurs convictions. Et ce n’est pas grave.

Dans équicoaching, il y a coaching. Il y a aussi cheval, sans blague.

Maintenant que les esprits les plus étroits ont quitté cette page et qu’on est entre gens de bonne compagnie, replaçons un peu le contexte.

Ce Mastermind, c’est un coaching en groupe, sur le modèle du co-développement. Nous sommes un groupe de 5 freelances aux métiers très différents et nous allons réfléchir ensemble pendant 6 mois sur nos problématiques de créateurs d’entreprise et apporter nos réponses aux uns et aux autres.

Ce Mastermind est proposé par Nicolas Brichet, gérant de l’espace de coworking Rouedad Fougères et préparateur mental pour les professionnels du secteur de la santé. Il nous propose donc des activités, des sessions de questions et un accompagnement pour atteindre nos objectifs. Quand on est freelance, des objectifs, on en a des caisses, mais parfois on a besoin d’aide pour y voir clair !

L’équicoaching, enfin, consiste à passer une journée en compagnie de chevaux, pour entrer en contact avec eux, tenter de communiquer et de partager des ressentis… ça paraît farfelu au premier abord, mais c’est bluffant. Vraiment.

Je vais donc vous raconter comment j’ai vécu cette expérience d’équicoaching, du haut de mon expérience de cavalière tout à fait remarquable (nombreux tours de poney quand j’avais 5 ans et une promenade touristique à cheval en 2004).

Murmurer à l’oreille des chevaux : c’est pas pour moi ?

Je suis entrée dans le manège avec mes amis de toujours, à savoir Méfiance et Aprioris, mais aussi Curiosité et Jelaisselachanceauproduit.

Après un exercice de recentrage, comme une petite méditation pour accueillir nos impressions et nos ressentis, chacun se place où il veut avant l’entrée d’un magnifique cheval blanc, qui a une très grande classe et qui ne m’effraie pas, même quand il s’élance à travers le manège.

Le premier contact ne se fait pas avec ce cheval. Je ne suis pas bien concentrée, je me demande ce qui se passe, je ne sais pas comment faire. Puis une autre participante tente de l’approcher. Elle est totalement dans l’empathie et beaucoup plus douée pour entrer en contact avec les animaux : ça matche tout de suite.

Notre groupe écoute alors l’histoire du cheval, que son propriétaire nous conte. Avant son arrivée au Domaine, il a connu une histoire un peu mouvementée : il a beaucoup voyagé, il a été trimballé d’écuries en écuries et il est seulement en train de trouver sa place.

A cet instant précis, il se met à trotter vers moi et reste un moment près de moi. J’apprends également que je me suis naturellement placée dans soin coin favori du manège. A sa place, donc.

Une coïncidence ? Un pur hasard ? Une résonnance ? Moi qui ai traversé plusieurs fois la France, qui suis précisément en train de préparer mon 14ème déménagement en 20 ans et qui viens juste de trouver ma place dans une maison dans laquelle je compte m’installer durablement ?

Je pose cette anecdote là, libre à chacun de l’interpreter. En tout cas, si c’était juste un hasard, je l’ai trouvé bien troublant…

Coacher un cheval, mais où va-t-on !?

J’ai besoin d’un peu de temps pour me remettre, j’avoue. Mes amis de toujours, Méfiance et Aprioris sont en train de plier bagage, déçus, tandis que Curiosité et Jelaisselachanceauproduit exultent littéralement ! Pour une fois que ce n’est pas l’inverse !

L’après-midi, direction le pré au contact d’un troupeau d’une dizaine de chevaux. On parvient assez aisément à distinguer les nouveaux arrivants des vieux briscards, les timides des affirmés. En tout cas, ils sont tous câlins et nous approchent sans hésiter pour nous faire des papouilles, nous léchouiller les capuches et se laisser gratouiller. Un vrai régal !

Sauf un. Il s’approche un peu, il reste sur ses gardes. Il ne vient pas se faire papouiller avec ses copains. Il observe. Il me rappelle quelqu’un… Méfiance et Aprioris sont bien partis mais n’ont pas voulu laisser les deux autres fofolles optimistes toutes seules, ils ont appelé ce rabat-joie de Passépasbiendigéré pour me tenir compagnie…

Je suis attirée par ce cheval, sans comprendre pourquoi. Je demande pourquoi il n’a pas l’air de se sentir bien avec nous, comme les autres. On me répond qu’il n’a pas vu sa propriétaire depuis plusieurs mois, qu’il se sent abandonné et qu’il est difficile pour un humain de l’approcher. Je sens alors que j’ai des choses à lui dire.

Alors je m’approche. Je lui parle, je lui raconte ma vie et je passe un bon moment à le papouiller sans qu’il n’oppose la moindre résistance. Au contraire, j’ai l’impression qu’il apprécie. Je l’ai coaché sur le fait qu’un abandon ça arrive, et qu’on finit par s’en remettre (oui, je parle à un cheval, et alors).

Voilà, je pose cette deuxième anecdote là, sans chercher à tout prix à apporter une explication (ni sur mon comportement, ni sur celui du cheval !). Mais j’ai trouvé ça assez troublant, et ça fait deux fois dans la même journée… hum.

Alors, l’équicoaching, ça vous tente ?

Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? On cherche à rationnaliser ? On se dit que c’était chouette et on rentre chez soi reprendre une vie normale ? Ou alors on plaque tout pour s’installer dans un haras ?

Cette expérience ne m’a pas laissée indifférente. Non seulement parce que j’ai appris des choses sur moi-même (j’ai un bon contact avec les chevaux par exemple, ce que j’ignorais totalement), mais aussi sur le groupe avec lequel je vais travailler pendant les prochains mois dans le cadre du Mastermind. Comme introduction et mise en confiance, c’est plutôt pas mal !

J’ai pu faire partie de ces gens qui poussent discrètement la souris vers le coin droit de l’écran pour ne pas avoir à me remettre en question. Je vous conseille de tenter l’équicoaching si vous êtes curieux, si vous avez envie d’explorer vos ressentis, vos réactions, si vous voulez mieux vous connaître et apprendre à connaître les autres en développant l’écoute et l’observation.

En revanche, si vous cherchez à tout prix des réponses ou à prouver quelque chose, vous risquez d’être déçu. Le cheval est votre miroir, il n’est ni votre devin ni votre instrument. Je crois que c’est la première leçon que j’ai apprise dans le cadre du Mastermind !

✨ Vous avez aimé cet article ? Alors découvrez d’autres aventures incroyables de ma vie de freelance !